Denis Lorrain
Construction 083
Miroitements, In memoriam Pierre Boulez
Composition algorithmique pour piano MIDI
(2025, durée totale : *ca.* 6'15")
Note de programme
D'aspect très classique, cette pièce est constituée de trois courts mouvements, de 1'43", 2'26" et 2'04" respectivement. Deux Adagios encadrent un mouvement central plus allant.
Ces trois mouvements sont issus d'un seul algorithme, avec des réglages de tempo différents. Le caractère particulier de chaque mouvement est accentué par la tendance des retouches que j'y ai apportées. Ceci est particulièrement vrai du mouvement central.
Ma dédicace à la mémoire de Pierre Boulez se justifie à l'écoute du second mouvement. En effet, celui-ci rappelle des oeuvres du milieu du XXe siècle, marquées par la pratique d'un sérialisme plutôt radical. Pierre Boulez, alors dans les premières phases de sa carrière, comptait parmi les compositeurs les plus engagés dans ce courant. Cet hommage respectueux s'est imposé comme une évidence, devant la sérendipité du résultat rendu par mon algorithme pour ce mouvement.
Dans les années 1950 (cf. *Musiques formelles*, 1963, pp. 18-19), Xenakis comparait les oeuvres produites par le sérialisme depuis la fin des années 1940, à des résultats que l'on pourrait obtenir par des calculs stochastiques. Cependant, force est de constater que l'algorithme mis en oeuvre pour cette pièce est beaucoup moins stochastique que Xenakis le présumait : il ne l'est en fait qu'accessoirement. Une approche stochastique intégrale ne pourrait produire la cohérence musicale que l'on peut percevoir ici.
Cologne
10/2025